Qu’est-ce que la constipation ?
La constipation correspond à un ralentissement du transit intestinal entraînant des selles trop rares, dures ou difficiles à évacuer.
On considère généralement qu’une personne souffre de constipation lorsqu’elle présente plusieurs des symptômes suivants :
- moins de trois selles par semaine
- des selles dures, sèches ou fragmentées
- des efforts importants pour évacuer
- une sensation d’évacuation incomplète
- une sensation de blocage lors de la défécation
- des ballonnements ou un inconfort abdominal associé.
La constipation peut être ponctuelle ou devenir chronique lorsqu’elle s’installe dans la durée.
À partir de quand peut-on dire que l’on est constipé ?
Une constipation occasionnelle peut apparaître pendant quelques jours ou quelques semaines. Elle est souvent liée à :
- une alimentation pauvre en fibres
- un manque d’hydratation
- le stress
- un changement de routine ou un voyage
- une diminution de l’activité physique
- certains médicaments
On parle de constipation chronique lorsque les symptômes persistent depuis au moins trois mois et qu’ils ont un impact sur la qualité de vie.
Il est important de rappeler que la fréquence seule ne suffit pas à définir une constipation. Une personne peut aller à la selle quotidiennement mais souffrir malgré tout de constipation si les selles sont difficiles à évacuer ou si la sensation de vidange reste incomplète.
Les autres causes qui pourraient expliquer la constipation
La constipation ne s’explique pas uniquement par un manque de fibres ou d’hydratation. Dans de nombreux cas, plusieurs mécanismes peuvent être impliqués.
Alimentation et mode de vie
- manque de fibres
- manque d’hydratation
- déficit en magnésium ou potassium
- sédentarité
- régimes hypocaloriques
- horaires alimentaires irréguliers
Maladies et déséquilibres
- hypothyroïdie
- diabète
- hypercalcémie
- hypomagnésémie
- maladies neurologiques
- sclérodermie
- maladie de Parkinson
- SEP (sclérose en plaques)
Médicaments et compléments
- opiacés
- antidépresseurs
- supplémentation en fer
- cholestyramine
- certains médicaments ralentissant le transit.
Parfois, certaines personnes remarquent même une amélioration après l’arrêt de laxatifs utilisés sur le long terme.
Causes anatomiques et mécaniques
- rectocèle
- dolichocôlon
- dyssynergie ano-rectale
- sténose
- obstruction partielle.
Ces situations peuvent provoquer :
- une sensation de blocage
- une difficulté d’évacuation
- une sensation de vidange incomplète
Les “fausses diarrhées”
Certaines personnes vont plusieurs fois à la selle dans la journée mais gardent malgré tout l’impression de ne pas avoir totalement évacué.
Il peut s’agir :
- de petites selles répétées
- de selles fragmentées
- d’une stagnation des matières dans le côlon.
Cette situation peut être associée à :
- des ballonnements
- des gaz
- une lourdeur digestive.
D’autres mécanismes encore mal compris
La constipation chronique est souvent plus complexe qu’on ne le pense. Plusieurs hypothèses sont actuellement étudiées :
- excès d’acides gras à chaîne courte
- présence de méthanogènes
- déséquilibres hormonaux
- altération de la production de sérotonine
- anomalies de communication entre le cerveau et l’intestin.
Le rôle des IMO
Parmi les causes de plus en plus étudiées, on retrouve les IMO (Intestinal Methanogen Overgrowth), correspondant à une prolifération excessive de méthanogènes dans l’intestin.
Le méthane (CH4) pourrait ralentir les contractions intestinales et favoriser :
- la constipation
- les ballonnements
- le ralentissement du transit
- la sensation de vidange incomplète
Et c’est précisément sur ce point que nous allons argumenter dans la suite de cet article.

Les complications graves possibles de la constipation
Lorsqu’elle devient chronique ou sévère, la constipation peut entraîner des complications parfois importantes, notamment lorsque les selles stagnent trop longtemps dans le côlon.
Complications ano-rectales
Les efforts répétés pour évacuer peuvent favoriser :
- les hémorroïdes
- les fissures anales
- les douleurs importantes à la défécation
- le prolapsus rectal dans certains cas.
Fécalome
Dans certaines situations, les selles peuvent s’accumuler et former une masse très dure appelée fécalome.
Le fécalome peut provoquer :
- des douleurs abdominales importantes
- un blocage du transit
- des nausées
- des vomissements
- une impossibilité d’évacuer correctement.
Occlusion intestinale
Dans les formes les plus sévères, la constipation peut participer à une occlusion intestinale.
L’occlusion correspond à un arrêt partiel ou complet du passage intestinal et représente une urgence médicale.
Les signes peuvent inclure :
- douleurs abdominales importantes
- ventre très gonflé
- arrêt des selles et des gaz
- vomissements
- aggravation rapide de l’état général.
Dilatation et souffrance du côlon
Une stagnation prolongée des selles peut également entraîner :
- une distension importante du côlon
- une altération de la motricité intestinale
- un ralentissement encore plus marqué du transit.
Chez certaines personnes fragiles, notamment les personnes âgées, les complications peuvent devenir particulièrement sérieuses.

IMO : que signifie cet acronyme ?
Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre ce que signifie réellement le terme IMO.
IMO signifie : Intestinal Methanogen Overgrowth
Cet acronyme peut être traduit par prolifération excessive de méthanogènes dans l’intestin.
Décortication du terme
“Intestinal”
Le terme intestinal indique que le phénomène concerne le tube digestif.
Même si les IMO sont souvent associés à l’intestin grêle, leur particularité est qu’ils peuvent avoir un impact plus large sur l’ensemble du système digestif et influencer différentes zones du tube digestif.
“Methanogen”
Le mot methanogen vient :
- de méthane ;
- et de générer.
Les méthanogènes sont des micro-organismes capables de produire du méthane (CH4).
Contrairement à ce que l’on pense souvent, il ne s’agit pas réellement de bactéries classiques mais principalement d’archées méthanogènes, des micro-organismes particuliers présents dans le microbiote intestinal.
Le méthane produit peut influencer directement la motricité intestinale.
“Overgrowth”
Le terme overgrowth signifie :
- prolifération excessive ;
- croissance anormale ;
- surdéveloppement.
Autrement dit, les IMO correspondent à une quantité excessive de méthanogènes dans l’intestin.

Différence entre le SIBO et l’IMO
Même si le SIBO et l’IMO provoquent souvent des symptômes proches, il s’agit de deux mécanismes différents impliquant des micro-organismes différents.
Le SIBO : une prolifération bactérienne
Le terme SIBO signifie :
Small Intestinal Bacterial Overgrowth
→ prolifération excessive de bactéries dans l’intestin grêle.
Comme vu précédemment, le SIBO implique principalement des bactéries productrices d’hydrogène (H₂).
Parmi les bactéries souvent retrouvées :
- Escherichia coli
- Klebsiella
- Citrobacter
- Clostridium
Ces bactéries fermentent certains glucides et produisent de grandes quantités d’hydrogène.
Symptômes fréquemment associés au SIBO
Le SIBO hydrogène est plus souvent associé à :
- diarrhées ou selles molles
- gaz importants
- ballonnements
- douleurs abdominales
- éructations / rots
- inconfort après les repas
- transit accéléré
Chez certaines personnes, on peut également retrouver :
- fatigue
- brouillard mental
- inconfort digestif chronique
- alternance diarrhée / constipation
L’IMO : une prolifération d’archées méthanogènes
L’IMO signifie :
Intestinal Methanogen Overgrowth
Comme vu précédemment, l’IMO ne correspond pas principalement à une prolifération bactérienne, mais à une prolifération d’archées méthanogènes.
La principale archée retrouvée est :
- Methanobrevibacter smithii
Ces archées utilisent l’hydrogène produit par certaines bactéries intestinales pour fabriquer du méthane (CH₄).
Le méthane semble ralentir directement la motricité intestinale.
Symptômes fréquemment associés à l’IMO
L’IMO est plus souvent associé à :
- constipation
- transit lent
- sensation de vidange incomplète
- stagnation des selles
- ventre gonflé
- lourdeurs digestives
Mais également à des symptômes secondaires comme :
- nausées
- digestion lente
- reflux
- fatigue
- inconfort après les repas
Une différence importante : la localisation
Comme vu précédemment :
Le SIBO
touche principalement :
- l’intestin grêle
L’IMO
peut toucher plusieurs zones du tube digestif :
- intestin grêle
- côlon
- parfois une grande partie du système digestif
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le terme “SIBO constipation” a progressivement été remplacé par IMO.

Les archées
Les archées sont des micro-organismes unicellulaires invisibles à l’œil nu.
Pendant longtemps, elles ont été classées parmi les bactéries à cause de leur apparence similaire. Pourtant, les recherches ont montré qu’elles constituent un groupe biologique distinct.
Aujourd’hui, les archées représentent un domaine du vivant à part entière, différent :
- des bactéries
- des eucaryotes (humains, animaux, plantes)
Le phénotype des archées
Même si elles ressemblent à des bactéries, les archées possèdent plusieurs caractéristiques particulières :
- une membrane cellulaire différente
- une structure biochimique spécifique
- des mécanismes génétiques plus complexes que ceux des bactéries classiques
Certaines archées sont également capables de produire du méthane :
on parle alors d’archées méthanogènes.
Cette capacité à produire du méthane est appelée :
la méthanogenèse
Les archées sont aussi connues pour leur grande capacité d’adaptation. Certaines peuvent survivre dans des environnements extrêmes :
- chaleur importante
- acidité élevée
- absence d’oxygène
- milieux très salés
Un peu d’histoire
Les archées ont longtemps été considérées comme de simples bactéries.
Dans les années 1970, les travaux du biologiste Carl Woese ont montré, grâce à l’étude de l’ARN, qu’elles étaient génétiquement différentes des bactéries.
Cette découverte a profondément modifié la classification du vivant.
Aujourd’hui, on distingue trois grands domaines :
- Les bactéries
- Les archées
- Les eucaryotes

Comment le méthane peut ralentir le transit ?
L’une des hypothèses les plus probables aujourd’hui est que le méthane agit directement sur le système nerveux intestinal, notamment sur les neurones cholinergiques.
Le rôle des neurones cholinergiques
Dans l’intestin, il existe un véritable “réseau nerveux” appelé :
le système nerveux entérique
Ce système contrôle :
- les contractions intestinales
- la progression des aliments
- la vitesse du transit
Parmi ces neurones, certains utilisent un neurotransmetteur appelé :
L’acétylcholine : les neurones cholinergiques
Normalement, ces neurones stimulent les contractions de l’intestin afin de faire avancer le contenu digestif.
Ce qui se passerait avec le méthane (CH4)
Chez les personnes ayant un IMO, les archées méthanogènes produisent du méthane (CH4).
Le méthane semblerait modifier le fonctionnement des neurones cholinergiques.
Résultat probable :
- les contractions intestinales deviennent plus lentes
- le péristaltisme diminue
- l’intestin avance moins efficacement son contenu
Autrement dit le “mouvement propulsif” de l’intestin ralentit
Conséquence sur le transit
Lorsque le transit ralentit :
- les selles restent plus longtemps dans le côlon
- davantage d’eau est réabsorbée
- les selles deviennent plus dures et plus sèches
Ce ralentissement favorise donc la constipation

Le test respiratoire : l’examen de référence
À l’heure actuelle, le principal examen utilisé pour diagnostiquer un SIBO ou un IMO est :
le test respiratoire
En France, il est principalement réalisé dans certains centres spécialisés et CHU.
Comment se déroule le test ?
Le patient boit une solution contenant un sucre fermentescible :
- glucose
- ou lactulose
Après ingestion, des prélèvements de l’air expiré sont effectués à intervalles réguliers pendant plusieurs heures.
Pourquoi mesure-t-on l’air expiré ?
Les micro-organismes présents dans le tube digestif produisent des gaz lors de la fermentation des sucres.
Ces gaz :
- traversent la paroi intestinale
- passent dans le sang
- atteignent les poumons
- puis sont éliminés dans la respiration
Le test permet donc de mesurer :
- l’hydrogène (H₂)
- le méthane (CH₄)
Que permet le test respiratoire ?
Le test permet :
- d’identifier une fermentation excessive
- de détecter les gaz dominants
- d’orienter le diagnostic
- et d’aider à adapter la prise en charge
Les résultats sont ensuite analysés sous forme de courbes montrant l’évolution des gaz au fil du temps.
L’importance de la machine utilisée pour le test respiratoire
Tous les tests respiratoires ne se valent pas.
La qualité de la machine d’analyse est essentielle pour obtenir un diagnostic fiable du SIBO ou de l’IMO.
En pratique, certaines machines ne mesurent que l’hydrogène (H₂), alors que d’autres analysent également le méthane (CH₄) et le CO₂.
Or, cela peut complètement modifier l’interprétation du test.
Pourquoi mesurer le méthane (CH₄) ?
Comme vu précédemment, certaines archées méthanogènes consomment l’hydrogène produit par les bactéries pour fabriquer du méthane.
Cela signifie qu’un patient peut présenter :
- peu d’hydrogène,
- mais beaucoup de méthane.
Si le méthane n’est pas analysé :
le test peut revenir “normal”
alors qu’un IMO est bien présent.
Le dosage du CH₄ est donc indispensable, notamment chez les personnes souffrant :
- de constipation,
- de transit lent,
- de ballonnements chroniques.
Pourquoi analyser le CO₂ ?
Le CO₂ sert de facteur de correction.
Il permet de vérifier que l’échantillon d’air expiré est de bonne qualité et qu’il provient bien de l’air alvéolaire (air venant des poumons).
Sans cette correction :
- les résultats peuvent être faussés,
- avec un risque de faux négatif ou de faux positif.
Les machines QUINTRON
Les analyseurs QUINTRON sont aujourd’hui les plus utilisés dans les études scientifiques et dans de nombreux centres hospitaliers.
Leur intérêt est qu’ils permettent :
l’analyse de l’hydrogène (H₂)
l’analyse du méthane (CH₄)
la correction par le CO₂
Ce qui améliore considérablement la fiabilité du test respiratoire.
En résumé
Un test respiratoire fiable doit :
- mesurer l’hydrogène ET le méthane,
- intégrer un facteur correctif au CO₂,
- utiliser une machine adaptée comme QUINTRON.

Les tests respiratoires à domicile
Il existe aujourd’hui plusieurs tests respiratoires réalisables à domicile pour rechercher un SIBO ou un IMO.
Le principe reste le même qu’en milieu hospitalier : après ingestion d’un sucre fermentescible (glucose ou lactulose), les gaz produits par les micro-organismes sont mesurés dans l’air expiré.
Les avantages des tests à domicile
• Réalisables sans hospitalisation
• Plus accessibles et rapides
• Disponibles sans ordonnance dans certains pays
• Possibilité d’effectuer le test directement chez soi
Les limites à connaître
Tous les tests ne se valent pas.
Certaines machines n’analysent que l’hydrogène (H₂), alors que le méthane (CH₄) est indispensable pour détecter un IMO.
D’autres ne disposent pas du facteur correctif CO₂, pourtant essentiel pour vérifier la qualité de l’échantillon respiratoire et limiter les faux résultats.
Les éléments importants pour un test fiable
Un bon test respiratoire doit idéalement :
• mesurer l’hydrogène (H₂)
• mesurer le méthane (CH₄)
• intégrer une correction par le CO₂
• proposer une interprétation claire des courbes
Exemples de tests respiratoires à domicile
• Dr Gut

Sibolab

Bactanalyse

Ces solutions permettent une première approche diagnostique, mais l’interprétation des résultats reste essentielle et doit être corrélée aux symptômes cliniques.
Lactulose ou glucose : quel sucre choisir pour le test respiratoire ?
Le test respiratoire du SIBO/IMO peut être réalisé avec deux substrats : le glucose ou le lactulose. À ce jour, les données scientifiques ne montrent pas de supériorité nette de l’un par rapport à l’autre : les deux peuvent être utilisés.
Le glucose
Le glucose est rapidement absorbé dans l’intestin grêle proximal.
S’il existe une prolifération bactérienne à cet endroit, il sera fermenté et entraînera une augmentation des gaz mesurés dans l’air expiré.
Avantages :
- souvent mieux toléré ;
- moins d’effets digestifs pendant le test ;
- interprétation parfois plus simple.
Limites :
- peut être absorbé avant d’atteindre certaines zones plus distales du grêle ;
- risque de faux négatif si la prolifération est située plus loin.
Le lactulose
Le lactulose, lui, n’est pas absorbé par l’intestin et poursuit son trajet dans tout le tube digestif.
Avantages :
- explore une plus grande partie du tube digestif ;
- particulièrement intéressant lorsqu’on souhaite rechercher un IMO, car les méthanogènes peuvent être présents au-delà du grêle proximal.
Limites :
- peut accélérer le transit ;
- parfois plus difficile à interpréter ;
- peut provoquer davantage de symptômes digestifs pendant le test.
En pratique
- Suspicion plutôt SIBO (diarrhée, symptômes du grêle) → le glucose peut être suffisant.
- Suspicion d’IMO (constipation, méthane) → le lactulose peut apporter une exploration plus large.
- Dans certains cas, les deux tests peuvent être réalisés à des moments différents pour compléter l’évaluation.
Le plus important reste finalement la qualité du test (H₂ + CH₄ + correction CO₂) et son interprétation clinique, plus que le choix du sucre seul.
Solutions et prise en charge
Le diagnostic du SIBO/IMO n’est que le point de départ
Identifier un SIBO ou un IMO est une étape importante, mais ce n’est généralement pas le diagnostic final. Dans la pratique, une grande partie des cas ont tendance à persister ou récidiver si le facteur sous-jacent n’est pas identifié.
L’objectif de la prise en charge devient donc :
comprendre pourquoi ce terrain favorise la prolifération microbienne et entretient les symptômes.
1. Troubles de la motricité digestive (cause majeure)
Lorsque le transit ralentit, les bactéries et/ou méthanogènes stagnent plus longtemps dans le tube digestif.
Exemples :
- Syndrome de l’intestin irritable
- Constipation chronique
- Gastroparésie
- Ralentissement du transit intestinal
- Troubles fonctionnels digestifs
2. Troubles de l’interaction intestin–cerveau (axe cerveau–intestin)
Chez certains patients, le problème ne vient pas uniquement de la prolifération microbienne mais aussi de la façon dont le système digestif communique avec le système nerveux.
Cette interaction peut influencer :
- la motricité digestive ;
- la perception des gaz ;
- les ballonnements ;
- la sensibilité digestive ;
- la tolérance au stress digestif.
Exemples :
- Syndrome de l’intestin irritable (SII)
- Constipation chronique idiopathique (CIC)
- Dyspepsie fonctionnelle
- Dyssynergie du plancher pelvien
- Dyssynergie abdominophrénique
- Ballonnements et distension fonctionnelle
- Hypersensibilité viscérale / digestive
→ Chez certains patients, le SIBO/IMO agit davantage comme amplificateur des symptômes que comme cause unique.
3. Causes mécaniques : ralentissement ou obstacle
Quand le contenu intestinal circule moins bien, la stagnation favorise la prolifération.
Exemples :
- Adhérences post-opératoires
- Endométriose (adhérences)
- Sténoses (Crohn, inflammation)
- Tumeurs
- Torsions (volvulus)
- Certaines chirurgies digestives
4. Maladies systémiques ou métaboliques
Certaines pathologies modifient directement la motricité ou l’environnement intestinal.
Exemples :
- Hypothyroïdie
- Diabète / résistance à l’insuline
- Sclérodermie
- Syndrome d’Ehlers-Danlos
- MICI
5. Altération des défenses digestives
Les mécanismes naturels qui contrôlent les micro-organismes peuvent être diminués.
Exemples :
- Immunodéficiences
- Déficit en IgA
- VIH
- Insuffisance pancréatique
- Cirrhose
Traiter uniquement le SIBO/IMO sans rechercher sa cause expose souvent à une amélioration temporaire puis à une récidive.
Une prise en charge durable repose sur :
- Identifier le profil (H₂ / CH₄) ;
- Comprendre le mécanisme dominant ;
- Corriger le terrain sous-jacent ;
- Restaurer la motricité et l’équilibre intestin–cerveau ;
- Prévenir les récidives.
Le SIBO/IMO est souvent un signal du système digestif, pas toujours la maladie principale.

Alimentation : réduire la fermentation sans aggraver la constipation
Chez les profils avec excès de méthane (IMO), l’objectif n’est généralement pas de supprimer toutes les fibres ni d’appliquer un régime pauvre en FODMAPs strict.
L’approche proposée consiste plutôt à utiliser un régime pauvre en FODMAPs simplifié, tout en maintenant une teneur modérée en fibres, afin d’accompagner le transit sans augmenter excessivement la fermentation.
L’objectif est de :
• réduire la charge fermentescible la moins bien tolérée
• maintenir une bonne hydratation des selles
• soutenir le transit
• limiter l’aggravation de la constipation.
Pendant la phase d’éviction
Le régime pauvre en FODMAPs simplifié vise principalement à réduire les groupes les plus fermentescibles, sans retirer systématiquement tous les FODMAPs.
Limiter principalement :
Fructanes
Exemples :
• ail
• oignon
• poireau (partie blanche)
• échalotes
• artichaut
• blé
• seigle
• orge
• chicorée
GOS (galacto-oligosaccharides)
Exemples :
• lentilles
• pois chiches
• haricots rouges
• haricots blancs
• fèves
• soja
À modérer selon la tolérance :
Lactose
→ lait, yaourt, fromage frais, crème
Excès de fructose
→ pomme, poire, miel, mangue, sirop d’agave
Polyols
→ prunes, champignons, chou-fleur, chewing-gum sans sucre
Important : il ne s’agit pas d’une exclusion totale mais d’une gestion des portions et de la tolérance individuelle.
Fibres pauvres en FODMAP (important en cas de constipation)
Objectif : maintenir ou augmenter les fibres sans relancer excessivement la fermentation.
La montée en fibres doit être lente, progressive et adaptée aux symptômes.
Jours 1 à 15
→ environ 10 g/jour de fibres pauvres en FODMAP
Jours 15 à 30 (si bien toléré)
→ progression vers 20 g/jour
Objectif final
→ 25 à 30 g/jour si tolérance correcte.
Exemple pratique (≈ 20 g de fibres/jour)
• 1 petite banane ferme
• 2 cuillères à café de baies de goji
• 2 à 3 cuillères à soupe de flocons d’avoine sans gluten non cuits
• 1 tasse de pop-corn nature (≈ 120 g soufflé)
• 2 cuillères à soupe de pois chiches en conserve bien rincés
• quelques feuilles de chou kale ou d’épinards
• ½ à 1 poivron rouge
• 1 à 2 fruits de la passion
• 1 poignée de haricots verts (≈ 75 g)
• 1 kiwi
• 1 grande carotte crue ou 2 petites
Si la constipation persiste malgré l’alimentation
Certaines fibres complémentaires peuvent être envisagées progressivement et selon la tolérance digestive :
Psyllium blond
→ commencer à 2–3 g/jour
→ augmentation progressive jusqu’à 5–10 g/jour
OptiFibre® (PHGG)
→ débuter à 2,5–5 g/jour
→ augmentation progressive selon les symptômes
Toujours accompagner d’une hydratation suffisante.

Attention : avant toute prise de compléments, de médicaments ou modification importante de votre alimentation, faites-vous accompagner par un professionnel de santé (médecin, diététicien) ou un praticien qualifié selon votre situation (par ex. naturopathe).
Antimicrobiens/antibiotiques
L’intervention sur la population bactérienne doit être ciblée. Les dosages suivants sont ceux couramment observés en pratique clinique :
Antimicrobiens :
- Allicine : 300 mg à 1500 mg
- Huile essentielle d’Origan (capsules gastro-résistantes) : 150 à 200 mg, 2 x fois par jour.
- Neem (Margousier) : 300 à 500 mg, 3 fois par jour.
- Cannelle (Cinnamomum cassia) : 500 mg, 2 fois par jour pour son action antifongique et antibactérienne complémentaire.
Antibiotiques :
- La rifaximine semble la plus efficace (parfois associée à un autre antibiotique selon le profil clinique)
- Une association de deux antibiotiques peut parfois être utilisée, par exemple métronidazole + rifaximine dans certaines situations
- En France le Coligenta est souvent utilisé par les praticiens
- Le métronidazole est plutôt utilisé en cas d’IMO
Attention : avant toute prise de compléments, de médicaments ou modification importante de votre alimentation, faites-vous accompagner par un professionnel de santé (médecin, diététicien) ou un praticien qualifié selon votre situation (par ex. naturopathe).
Soutien Probiotique ciblé (Souches non-fermentescibles)
L’utilisation de probiotiques en cas de l’IMO doit se limiter à des souches ne risquant pas d’augmenter la charge bactérienne du grêle.
- Saccharomyces Boulardii : 250 à 500 mg, 2 fois par jour. Indispensable en post-infectieux pour réguler l’immunité intestinale.
- Bacillus Coagulans & Bacillus Subtilis : 1 à 2 milliards d’UFC par jour. Ces bactéries sporulées traversent le grêle sans y stagner.
Attention : avant toute prise de compléments, de médicaments ou modification importante de votre alimentation, faites-vous accompagner par un professionnel de santé (médecin, diététicien) ou un praticien qualifié selon votre situation (par ex. naturopathe).
Les prokinétiques
- Triphala (Terminalia spp.) : baies d’Amalaki (Emblica officinalis) 532 mg, baies de Bibhitaki (Terminalia belerica) 532 mg, baies d’Haritaki (Terminalia chebula) 532 mg, gélule végétale (hypromellose)
- Gingembre (extrait standardisé) : Jusqu’à 2000 mg/jour .
- Artichaut (extrait de feuilles) : 200 à 400 mg/jour. La synergie Gingembre/Artichaut est privilégiée le soir au coucher.
- 5-HTP : 100 mg à 200 mg au coucher pour soutenir la sérotonine endogène, moteur du péristaltisme.
Attention : avant toute prise de compléments, de médicaments ou modification importante de votre alimentation, faites-vous accompagner par un professionnel de santé (médecin, diététicien) ou un praticien qualifié selon votre situation (par ex. naturopathe).
On arrive à la fin de cet article. Les informations de ces solutions sont générales et ne remplacent pas un accompagnement personnalisé. Si vous souhaitez adapter ces conseils à votre situation et être accompagné(e) dans votre démarche, je vous invite à prendre rendez-vous en cliquant sur le lien https://www.crenolibre.fr/prendre-rdv/10848_cedric-schmidt-naturopathe-a-lyon